Poéme de Fatou Ndiaye Sow

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GORÈE

Je ne puis visiter tes cachots
Où se terre l’image
De la dégradation humaine
Ni voir tes chaines
Qui vibrent encore du courage résigné
De ces guerriers
Aux mains calleuses
Qui ont pètri le roc de leur destin
Ni sentir l’odeur putride
De leur rancune accumulée sur tes murs
Ni mesurer le regret
Qui rongeait leur coeur
Tuméfié de projets avortés
Que n’aurais je dû poursuivre
Les galères qui emportaient les esclaves
Amputés aux rêves brisés
Sur les galets ! À Gorèe !

C’etait un soir il y a longtemps
Un soir de lune
Brusquement Gorèe s’eloignait
Je le sentais de la cale
Où nous etions entassés
Et j’ai vogué…
J’ai vogué vers des horizons
De ténèbres et de souffrance
J’ai mordu la poussiere
De routes inconnues
Mon sang,

sève d’innocence
S’est mêlé à l’eau boueuse des rizières
Ma sueur a humecté le sol

Et baigné la nuit
Et mon coeur calciné de rèsignation
A forcé mes yeux des siecles durant
A retenir au fond d’eux-mêmes
la pluie du desespoir
Et le chant eclata de ma proitrine.
J’ai chanté ma complainte de déraciné
Avec mes fréres infortunés
Et l’avenir où des lambeaux de rêves
Voltigeaient aux vents de mes regrets
M’ecrasait la nuque d’une fatalité absurde.

Mais j’ai relevé la tète
Pour crier la vérité aux hommes
Aux hommes blancs
Aux hommes rouges
Aux hommes jaunes
N’y a-t-il-pas des hommes bleus?
Bleu comme l’espoir
Bleu couleur de ciel
Des hommes de coeur et de justice
De la justice juste
Sans race et sans continent?

Je suis en tous points
Semblable à mon frère
Le soleil de mon Dieu
Est un soleil pour tous
Les vertus de mon Dieu
Sont en toute créature
Pourquoi voulez vous
M’enlever ma semence?
Laissez-moi sortir de terre
Bourgeonner et fleurir
Que mes fruits éclatés
Nourrissent la faim du monde
Laissez-moi m’ouvrir
Au souffle des quatres vents
Car ma robe noire
Est une robe de fète.

J’etais nè au pays
Où devais je naître
J’etais un nenuphar
Dans les eaux de ma terre
Mais comme un sommei lourd
Brisè par un coup de tonnerre
Je suis réveillé en sueur

Le coeur en lambeaux
Car pour ma féte
J’avais ma robe noire.
Abraham Lincoln rassembla
Mon étre bâtard et èpars
Et depuis,j’ai jeté mes bèquilles
Pour dègourdir mes jambes

J’ai jeté mon bandeau
Pour voir la face du monde
Mon coeur s’est rouvert
Pour aimer toute la terre

Mais il y a si longtemps
Que mon âme au centre des ètoiles
Au centre des ètoiles
A laissè sur la terre
Son vieux réve de Paix
Et par l’echo de nos hôtes
Du royaume d’Adam
La paix sur terre
N’est toujours que rêve
L’esclave aboli
L’homme inventa
Un autre esclavage
Celui de l’argent,des armes et du pouvoir
Et son coeur que Dieu arrose
Pour aimer tous les hommes
Bat à coup de fusil
De bombes et de missiles.

je dèdie ce poème plus particulierement à vous tous mes frères et soeurs de couleur issus ou non de l’esclavageet à tous ceux qui sont victimes dans le monde de ce que l’on appelle l’esclavage des temps modernes!

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